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Focus - In Amenas

Même si des zones d'ombre persistent, le voile se lève peu à peu sur les circonstances exactes de la prise d’otages sanglante par un groupe terroriste sur le site gazier d’In Amenas, dans le Sahara algérien. Lors d’une conférence de presse donnée lundi après-midi à Alger, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, a commencé à dresser un déroulé des faits et établi un nouveau bilan de l’attaque, qui a débuté mercredi 16 janvier et s’est achevée samedi 19 janvier.

Au moins trente-sept étrangers de huit nationalités différentes et un Algérien ont été tués lors de l'attaque et de la prise d'otages de centaines d’employés, a annoncé lundi le Premier ministre algérien. Parmi les 37 victimes étrangères, sept corps demeurent non identifiés. "Il s'agit d'un bilan provisoire", a précisé le chef du gouvernement. Cinq étrangers sont par ailleurs toujours portés disparus après l'attaque.

Abdelmalek Sellal n'a pas donné de précision quant à la nationalité des victimes. Parmi les étrangers dont la mort a été confirmée par leurs pays figurent un Français, trois Américains, deux Roumains, trois Britanniques, six Philippins et sept Japonais.

Du côté des preneurs d'otages, 29 d'entre eux ont été tués et trois arrêtés, selon le Premier ministre.

Un premier bilan officiel samedi soir donnait 23 personnes tuées, des étrangers et des Algériens.

"Aucune négociation possible"

L’objectif initial du groupe terroriste, composé d’une trentaine de personnes venues du Mali, était de kidnapper des employés étrangers du site cogéré par l’algérien Sonatrach, le norvégien Statoil et le britannique BP, "afin d’augmenter le nombre d’otages au Mali et de négocier avec les puissances étrangères", estime Abdelmalek Sellal.

À 5 kilomètres de Tiguentourine, le groupe attaque donc, mercredi 16 janvier au matin, un bus transportant des employés étrangers du site vers l’aéroport d’In Amenas. Mais les assaillants font face à une vive résistance de l’escorte armée du bus et l’opération échoue. Un employé est blessé, un autre tué.

Forts de cet échec, les assaillants se scindent en deux groupes et partent occuper simultanément les deux pôles du site qui fait plus de 15 hectares : la base de vie des employés et le complexe gazier. C’est avec un arsenal digne d’une armée qu’ils mènent l’attaque : fusils mitrailleurs, fusils d’assaut, fusils à lunette, mortier avec roquettes, missiles avec rampe de lancement, lance-roquettes et grenades ont été retrouvés sur le site, dimanche, par les autorités algériennes.

Dans la base de vie, les assaillants ouvrent rapidement le feu sur un agent de sécurité algérien qui a le temps de donner l’alerte avant de succomber, permettant ainsi à de nombreux travailleurs de se cacher, précise le Premier ministre. Les autres sont kidnappés et harnachés d’explosifs. "Nous avons compris que leur but était de prendre en otage tous les étrangers", poursuit le Premier ministre.

La première tentative de négociation entre autorités algériennes et terroristes échoue : les revendications des terroristes étaient "claires" et "sans issue". Le chef du groupe, Mokhtar Belmokhtar, demandait à Paris "l'arrêt de la guerre livrée par la France" au Mali. Il voulait aussi procéder à un échange d’otages avec les États-Unis. Des conditions balayées sans hésitations par Alger. "Ils se sont fourvoyés dans des négociations sans issue avec des revendications inacceptables et la négociation est devenue impossible", assure Abdelmalek Sellal.

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